Revenu sur les lieux. Mur abattu, arbres arrachés, champs de gravats sur le champ de la mémoire. Brève désillusion dans la quête du passé. Non on ne revient pas en arrière, non on ne revit pas son passé.
Ces glorieuses années remplies d'allégresse sont restées en ce lieu qui seul les caresse : la mémoire. Ne pas oublier, ne pas se désenchanter. Chaque chose en son temps, chaque chose à son temps. Les beautés et l'harmonie qui hier resplendissaient sont aujourd'hui un mythe, une légende pour l'esprit qui s'éveille, regarder sa montre et les aiguilles trottiner, et accepter la dure réalité selon laquelle n'existe nulle éternité. Alors on 'nostalgise', on s'enlise dans des souvenirs qui attisent, un regret, un sourire, une envie et un désir. Retoucher les douceurs, l'or et l'aventure, les histoires tirées par les cheveux tout aussi bien que les souvenirs merveilleux. Retrouver l'innocence, l'ivresse, l'ardeur et l'immortalité qui se rattachent à tout ce qui a été.
« Paris change ! mais rien dans ma mélancolie / N'a changé ». (*Baudelaire)
La grande aiguille a entrainé les deux autres, les jours, les mois puis les années dans un ballet infernal et inévitable. Mutent les choses, se transforment les êtres, mais au sein de mon esprit, au lieu-même de mes souvenirs, ne subsiste que le sentiment unique du statique, d'un passé fleuri à ne jamais flétrir. Rangés dans leur boite, au fin fond de la mémoire, souvenirs protégés du déluge des années.
25/06/03 * 06/07/05* 01/01/08
A chaque date son changement, sa fin et son commencement. Certaines sont plus importantes que d'autres, marquent un départ ou un tournant. Chaque opportunité est à saisir. Tout abandonner, tout laisser, radicaliser les contretemps advenus, violenter l'instant, déchirer les voiles, rejeter l'ancre à l'eau, et dans un mouvement fiévreux, se détacher de tout, pour peut être avoir le vent en poupe.
***
Ne reviens pas en arrière. Ne jette pas un ½il au-dessus de ton épaule en espérant revoir les berges immaculées que tu as laissées. Car d'autres auront foulé leur sol, d'autres seront venus, les auront souillées ou les auront élevées. Il n'est d'être ou de terre qui reste éternellement même. Tu y reviendras, tu les reverras.
Mais comprends, enfant, que tu as fait ton temps. Non on ne revient pas en arrière, non on ne revit pas son passé. Ne recherche pas en arrière ce que tu peux retrouver, mais construis en avant avec tout ce que tu as pu garder.
Car oui, c'est ainsi, que tu seras un Homme, mon fils.